Le Père Menas
Un homme de prière
et de consolation
Né au Congo-Brazzaville, ordonné prêtre à Paris en 2022, le Père Menas conduit aujourd'hui son ministère au cœur de la Martinique.
Très tôt, dès l'âge de huit ans, son cœur fut habité par un ardent désir : celui de consacrer sa vie à Dieu dans le sacerdoce. Baptisé dans l'Église catholique le dimanche de Pâques, le 19 avril 1992, dans le diocèse de Lille par le Père Jean-Pierre Decasmekaer, il retourna ensuite au Congo, où il traversa les douleurs de trois guerres. Mais au milieu des épreuves et des tumultes, la flamme de la prière ne cessa jamais de brûler dans son âme.
Très tôt, il a été saisi par le mystère de la Vierge Marie, non comme une idée abstraite, mais comme une réalité vivante qui s'imposait à son intelligence et à son cœur. Bien avant toute formation théologique structurée, certaines intuitions sur la Mère de Dieu se sont imposées à lui avec une clarté étonnante. Il les recevait comme un don, sans toujours pouvoir les expliquer. Avec le temps, ces intuitions ont été mises à l'épreuve : par l'étude, par la confrontation aux Écritures, par la Tradition de l'Église et par les rencontres qui ont jalonné son chemin.
À l'âge de douze ans, le jeune Destin commença à faire des conférences sur la Vierge Marie et à prier pour les malades. Peu à peu, des personnes souffrantes vinrent jusqu'à la maison familiale afin de lui demander des prières. Beaucoup trouvaient auprès de lui une parole de foi, une présence apaisante et une intercession fervente. Sans encore comprendre pleinement le mystère de cet appel, l'enfant apprenait déjà à porter dans la prière les douleurs des hommes.
Le Seigneur plaça alors sur sa route le Père Aimé Porret, curé de la paroisse Saint-Pierre Claver de Bacongo, missionnaire français de la Société du Saint-Sacrement vivant au Congo depuis 1969. Sous sa direction spirituelle, le jeune Destin fut initié aux profondeurs de la vie mystique, à l'adoration eucharistique et au service des malades. Dans le silence des chapelles et auprès des souffrants, il apprit que la véritable grandeur du prêtre naît à genoux devant Dieu et penché avec amour sur la douleur des hommes.
En décembre 1998, il entra au séminaire Saint-Jean, où il fut également formé à la vie paroissiale par Monseigneur Michel Kouaya Kombo, prélat du pape Jean-Paul II. C'est aussi auprès de Monseigneur Barthélemy Batantou, archevêque émérite de Brazzaville, qu'il mûrit dans l'esprit de l'oraison nocturne.
Après l'obtention du baccalauréat en 2001, il fut admis au Grand Séminaire catholique. Sa formation n'a pas été linéaire. Il a été marqué par des joies, mais aussi par des incompréhensions, des oppositions et des épreuves profondes. Son passage par le séminaire catholique, les événements tragiques vécus dans ce contexte, puis son renvoi ont constitué une véritable traversée intérieure. Ce temps de souffrance, qui l'a conduit jusqu'à la maladie, a été aussi un temps de purification et de recentrement.
C'est dans cette épreuve que sa relation à la Vierge Marie s'est approfondie. Elle n'a jamais été pour lui une figure abstraite, mais une présence spirituelle qui l'a soutenu, relevé et conduit. Ce lien, il le reçoit comme une grâce, mais aussi comme une responsabilité : celle de parler d'elle avec vérité, fidélité et humilité.
C'est là qu'une lumière nouvelle vint toucher son âme à travers la découverte de la spiritualité orthodoxe. La lecture du « Pèlerin russe » éveilla en lui une soif profonde de la prière du cœur et de l'union intérieure avec Dieu. À travers les rencontres œcuméniques, il fit la connaissance du Père Bernard Diafouka, prêtre orthodoxe qui l'accompagna avec patience et discernement sur ce chemin spirituel.
Après avoir quitté l'Église catholique, il poursuivit durant sept années des études de philosophie et de psychologie à l'Université Marien Ngouabi. Mais même dans les études et les réflexions humaines, son âme demeurait tournée vers la compassion et la miséricorde.
Avant son entrée dans l'Église orthodoxe, il choisit de vivre une année de silence et de discernement. Durant ce temps, il servit comme ministre extraordinaire de la communion auprès des malades au Centre Hospitalier Universitaire de Brazzaville. Là, au chevet des souffrants, il comprit plus profondément encore que le seul chemin capable de combler son cœur était celui de consoler ceux qui pleurent et de porter la lumière du Christ dans les lieux de douleur.
Le 23 décembre 2008, il fut reçu dans l'Église orthodoxe par le Père Bernard Diafouka, qui lui donna le nom de Menas. Ce passage ne doit pas être compris comme une rupture, mais comme une continuité vécue autrement. Il a découvert une richesse spirituelle, liturgique et théologique qui a profondément nourri sa compréhension de la foi. Son chemin vers l'Orthodoxie s'est accompagné d'une découverte profonde de la tradition spirituelle et liturgique de l'Église d'Orient, nourrissant davantage encore son désir de l'unité chrétienne.
Cette naissance spirituelle ne se fit pas sans combat. Le tentateur chercha à troubler sa paix par les incompréhensions, les humiliations et les moqueries. Mais dans l'épreuve, il apprit à s'abandonner davantage à Dieu, portant les blessures de la division dans le silence et la prière.
La Providence lui fit ensuite rencontrer le Père Théologos, hiéromoine du Mont Athos et représentant du Patriarcat d'Alexandrie pour la mission orthodoxe au Congo. Pendant plus de dix années, le Père Menas vécut entre le monastère fondé à Dolisie et la sainte montagne de l'Athos. Formé notamment au monastère de Simonos Petra, il entendit un jour le Père Macaire lui dire avec discernement : « Je ne sais pas si ton caractère te permettra de supporter longtemps la retraite athonite. Il y a en toi une fièvre apostolique qui devra être purifiée par l'expérience spirituelle. »
Comprenant que Dieu l'appelait non seulement à la contemplation mais aussi à la mission, il quitta la vie monastique pour aller vers les âmes, portant dans son cœur la paix du désert et le feu de l'Évangile. C'est ainsi qu'il fut ordonné prêtre le 8 mai 2022 à Paris par Monseigneur Jean de Doubna, puis élevé au rang d'archiprêtre.
Depuis lors, le Père Menas poursuit son ministère comme un homme de prière, de consolation et de miséricorde, cherchant avant tout à conduire les âmes vers la lumière du Christ et la paix du Royaume de Dieu. Son ministère sacerdotal s'est structuré autour de trois axes qui ne font qu'un : l'Eucharistie, la Vierge Marie et l'unité des chrétiens.
Au fil des années, son apostolat s'est particulièrement enraciné dans l'accompagnement spirituel, l'écoute des personnes éprouvées par la souffrance, la prière pour les malades et le soutien de ceux qui traversent des périodes de solitude, de découragement ou de crise intérieure. Beaucoup trouvent auprès de lui une présence fraternelle, une parole de consolation et une invitation à retrouver confiance en la miséricorde de Dieu.
Dans un monde marqué par le bruit, la dispersion et la rapidité, il considère que le silence intérieur est devenu une nécessité spirituelle essentielle. Pour le Père Menas, la compassion véritable ne peut naître durablement que d'un cœur pacifié et uni à Dieu.
« Je ne sais pas si ton caractère te permettra de supporter longtemps la retraite athonite. Il y a en toi une fièvre apostolique qui devra être purifiée par l'expérience spirituelle. »
— Père Macaire, Monastère de Simonos Petra, Mont Athos
Repères biographiques
Naissance au Congo-Brazzaville, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie.
Baptisé le dimanche de Pâques dans le diocèse de Lille.
Formation au séminaire catholique au Congo.
Entrée au grand séminaire catholique au Congo.
Reçu par le Père Bernard Diafouka qui lui donne le nom de Menas.
Dix années de formation spirituelle et théologique, notamment au monastère de Simonos Petra.
Ordonné prêtre par Monseigneur Jean de Doubna, puis élevé au rang d'archiprêtre.
Fondation de la Chapelle de la Mère de Dieu au 1442 Bois Carré, Lamentin.